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Journal citoyen de la Liste Citoyenne pour Pézenas.

[Poussons la porte] :  la politique appartient à toutes et tous

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Poussons la porte : la politique appartient à toutes et tous

Publié le 23/09/2026

Nous avons l’impression que les politiques publiques actuelles sont de plus en plus déconnectées de nos vies, de nos quotidiens, des espaces dans lesquels nous évoluons. C’est ce sentiment d’être laissés à la porte de l’endroit où se prennent des décisions qui impactent toutes nos vies… qui nous amène à vouloir pousser cette porte.

Avons-nous le droit d’être en désaccord avec ceux qui ont été élus ? Un scrutin ne doit pas être considéré comme une porte qui se referme ; il engage celui qui le gagne, il ne lui donne pas les pleins pouvoirs.

 

Illustration : Une séance du Club des Femmes dans l'église Saint-Germain-l'Auxerois. Gravure de Frédéric Lix pour Le Monde illustré du 20 mai 1871

Nous pensons bien comprendre la difficulté et le mérite qu’il y a à porter la parole publique, à tenter, si on le souhaite, de faire consensus. Nous savons aussi que les règles de droit encadrent les projets à mener, nous ne nions pas l'importance d'une gestion administrative, ni la nécessaire étude en profondeur des dossiers. Ce n’est pas la technicité en soi que nous contestons. C’est l’usage qu’on en fait pour fermer la porte à la contradiction.

Prenons le projet de ZAC Saint Christol, à Pézenas (au hasard). Un projet d’aménagement porté depuis une trentaine d’années, pour un investissement désormais annoncé autour de 30 millions d’euros. Des années de procédures, d’avis, de dérogations environnementales, pour un projet dont l’ampleur même - 24 hectares, 655 logements prévus - devrait rester un sujet de débat public, et non un totem que l’on ne questionne plus une fois le premier coup de pioche envisagé.

Car la question reste entière : qui a arbitré qu’il fallait aller au bout de cet investissement plutôt que d’en consacrer une fraction à un autre projet, ou à l’annulation pure et simple de celui-ci ? Cette question n’est pas technique. Elle est politique, au sens le plus simple du terme : c’est un choix, un arbitrage entre plusieurs avenirs possibles pour un territoire. Et pourtant, elle nous est présentée comme si elle relevait exclusivement de l’expertise, hors de portée du débat public.

Ceux qui prétendent posséder le savoir nous ont conduits au monde tel qu’il se présente aujourd’hui : une impasse, un mur de contradictions. Qu’ils apprennent donc la modestie du doute...


Le jargon comme rempart

Disqualifier un discours ou une idée sous prétexte qu’elle émanerait d'un groupe qui ne connaîtrait pas les rouages de l’appareil public, qui ne maîtriserait pas le jargon des dossiers, des zonages, des procédures budgétaires, ce n’est pas de la rigueur. C’est de la manipulation et de la suffisance.

Sur un projet comme la ZAC Saint Christol, ce futur “quartier” que la municipalité s’évertue à nommer ainsi, alors qu’il s’agit bien d’une extension urbaine nouvelle, appelée à compter plus d’un millier d’habitants à terme ; il suffit de brandir les études d’impact, les avis environnementaux, les dérogations réglementaires accumulées en deux décennies, pour donner l’impression qu’aucun avis extérieur n’est recevable sans en maîtriser chaque terme. Mais la question de fond n’exige aucune expertise particulière : voulons-nous de ce projet, à ce prix, pour ce territoire ? Elle exige d’y vivre, d’en subir les conséquences, et d’avoir un avis sur l’avenir qu’on nous prépare. Le jargon devient alors une frontière : une manière de dire « ce dossier n’est pas pour vous ». Il faut laisser faire ceux qui savent, à votre place, ce qui sera bien pour vous.

 

L’irréprochabilité à géométrie variable

On nous demande souvent d’être irréprochables pour prétendre à la parole publique. Mais pourquoi les personnes qui s’impliquent devraient-elles l’être, quand nos dirigeants et nos élus, en général, ne le sont pas davantage ? Cette exigence ne s’applique jamais dans les deux sens. On pardonne à ceux qui sont déjà installés dans les allées du pouvoir leurs mouvements d’humeur, leurs promesses non tenues. Mais on demande à celui ou celle qui s’engage d’être parfait, irréprochable, sous peine d’être immédiatement disqualifié.

 

Les mots qui ferment le débat

« Populiste » : se dit d’une manière de faire de la politique en s’adressant directement au peuple plutôt qu’à ses intermédiaires.

Repris par les faux sachants de tous bords, le mot sert à disqualifier des réflexions qui comptent vraiment : celles qui appellent à un vrai changement de fond dans notre manière de gérer nos territoires et de préparer l’avenir. S’inquiéter du coût d’un projet, comparer ce qu’il coûterait de l’arrêter à ce qu’il coûte de le poursuivre, ce n’est pas du populisme, c’est tenter de faire un calcul différent. Car si « caresser le peuple dans le sens du poil » est un exercice politicien, ce sont bien celles et ceux qui sont devenus des professionnels de la politique de boutique qui en sont les plus experts !

 

Ce que l’avenir exige de nous

La résilience face aux bouleversements climatiques à venir ne se décrète pas depuis un bureau, loin des terres qu’il s’agit de préserver. Elle passe nécessairement par l’implication directe des populations dans la conservation de ce qui existe encore : les terres arables, les espaces boisés, les zones humides, tout ce tissu vivant que l’on grignote projet après projet, autorisation après autorisation.

Ce sont les habitants d’un territoire qui en connaissent le mieux les fragilités, les usages, les équilibres. Les exclure de la décision, ignorer les questions légitimes, c’est se priver du savoir le plus précieux qui soit pour préparer l'avenir : celui de l’expérience vécue. Le monde est engagé dans une transition qui s'apparente de plus en plus à une succession de crises. Nous n'y répondrons qu'en étant impliqué.es dans les choix de ruptures que nous aurons à discuter et à assumer collectivement. Que les prétendus sachants descendent enfin de leur piédestal pour travailler, avec celles et ceux qui sont concernés, à un projet résilient qui leur ressemble.